Joan Fontcuberta, Monstres

Joan Fontcuberta


(Barcelona, 1955 - )

l vecchio mondo sta morendo. Quello nuovo tarda a comparire. E in questo chiaroscuro nascono i mostri.

[Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres.]

Antonio Gramsci

 

Le vieux monde – la photographie comme promesse de vérité et de mémoire – se meurt et le nouveau monde – les images créées par l’intelligence artificielle – lutte pour apparaître.

Du document à la spéculation, des images naturelles aux images artificielles, Joan Fontcuberta nous a habitués à un travail qui suit les clairs-obscurs à la trace tout en signalant les monstruosités qui en émergent : monstruosités du langage, monstruosités de la technologie, monstruosités de la politique.

Cette exposition s’aventure dans une série de conflits et de violences de notre temps tout en cherchant à sauver ce qui fait encore de nous des humains. Elle présente une demi-douzaine de projets récents, aussi poétiques que disruptifs, qui vont de Trauma à Prosopagnosia (réalisé avec Pilar Rosado). Un alpha et un oméga : des ruines de la photographie – les images des albums de famille qui sont malmenés et deviennent amnésiques, tandis qu’ils laissent transparaître leur beauté la plus terrible – jusqu’aux prédictions de futurs possibles, dont nous ignorons si ce sont des cauchemars ou des garanties de progrès.

Entre le regard critique et le concept, entre la poétique et l’humour, Fontcuberta s’attache à ce que les images cessent d’être un territoire inhospitalier et se propose, en somme, de dompter les monstres.