Persistències

Ansesa


(Sant Daniel, Girona, 1945 - )

Enric Ansesa (Girona, 1945) est l’une des personnalités les plus notables de l’art abstrait d’aujourd’hui. Par son âge, il appartient au deuxième mouvement des avant-gardes, mais, s’étant fait connaître plus tard que la plupart de ses confrères artistes, il se situe à cheval entre sa génération et la suivante. Défini par le critique d’art Francesc Miralles comme un « conceptuel qui peint », il embrasse plusieurs pratiques, dont les installations, les objets et le travail pictural.

Organisée à l’occasion de ses cinquante ans de carrière, cette exposition anthologique retrace son évolution en se concentrant sur les aspects les plus iconographiques d’une œuvre picturale qui, du milieu des années 1970 à nos jours, est marquée par une constante : tous les tableaux sont réalisés dans le même ton, le noir.

Le noir est donc sa référence esthétique majeure, la dualité qui marque cette couleur/non-couleur se déclinant également dans sa production sous d’autres formes : obscurité et lumière, sobriété et sentiment, matière et dessin ou ordre et chaos, au point de devenir l’un des grands axes qui structurent son œuvre. Le noir, cependant, fait du tableau un espace dépourvu de perspective, une surface plane à travailler : il n’y a pas de point de fuite, ne cherchez pas, il n’y en a pas.

Remise en cause de la surface, la suture relie quant à elle Enric Ansesa à Lucio Fontana, l’une des références qui, au même titre que les approches artistiques de Malevitch et de Joan Miró, permet de mieux comprendre son imaginaire.

Les points, les calligraphies, les sutures et les croix forment une iconographie qui s’est modifiée au fil du temps et en fonction des matériaux utilisés, mais qui ne cesse de réaffirmer la même conception esthétique et théorique. D’où le titre de cette exposition, Persistències [Persistances], qui résume parfaitement une attitude et une œuvre : « Un tableau doit contenir en lui tout l’ordre de l’univers. »

Toni Álvarez de Arana.